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samedi 04 juil 2009

Commentaires

Mathilde

Coucou Chlodyne,Tes recherches sur les réceptaires sont vraiment très intéressantes, ça ouvre de nouvelles perspectives quant aux objets à évoquer leur des évènements médiévaux. Je vais garder un œil sur ton blog car pour linstant je nai que des coquillages et une écuelle vernissée pour lœuf rompu. Mais, toi qui a étudié le sujet, penses-tu que les enlumineurs fabriquaient eux-mêmes la totalité de leurs pigments? Il est parfois fait référence à la visite chez un apothicaire donc je suppose que les enlumineurs ne fabriquaient que les pigments les plus courants et ne demandant pas un matériel spécialisé. Quen penses-tu?

dame chlodyne

bonjour Mathilde,La recette la plus alchimique des couleurs est le cinabre artificiel ou vermillon. Cennino Cennini nous dit quil est fait dans un alambic. Et quon peut en acheter chez les apothicaires. Il dit quil faut se méfier car il est souvent falsifié. Cest en effet un exemple dachat de pigment. Etait-ce une pratique de la fin du Moyen Age ? ou bien était-ce couramment entrepris de la sorte pour les peintres et enlumineurs médiévaux ?Au XVème siècle la palette sest considérablement étoffée. Les ateliers denlumineurs ont dû grossir proportionnellement en main doeuvre ou bien alors, ont-ils dû se tourner vers un approvisionnement extérieur pour les recettes les plus longues et difficiles à faire ?. Ce nest pas à exclure.Cétait les apprentis (compagnons ou valets) qui fabriquaient les couleurs, et je présume que les livres de recettes étaient écrits pour ces praticiens. Les traités techniques sur les couleurs ne nous donnent que des renseignements partiels. Il faut savoir que ce nest pas dans toutes les recettes quapparaissent les récipients. Même sil est dit dans la recette de chauffer sur le feu ! On ne sait pas dans quoi !!Pour répondre à ta question, je pense que les enlumineurs fabriquaient quasiment tous leurs pigments, avaient une partie de leur atelier réservé à cela et donc toute une batterie de récipients utilisés. Ceux que jai isolé sont assez révélateurs. Mais attention, ils ne sont pas tout à fait les mêmes dun texte de recette à lautre ! Mais la base reste la même : oule, coquillages (on peut je pense envisager la saint jacques, lhuître et la moule), ampoules, divers pots, cornets, écuelle. Voilà il me semble, lessentiel des récipients.Cest très difficile de se dire, en reconstitution, que lon doit faire touts ses pigments. Moi jachète déjà des pigments tout fait et des pierres ou des végétaux non transformés. Je montre les deux. Pour le bois de brésil jai fait infusé dans de la glaire doeuf et jai laissé séché. Jobtiens des cristaux rouge de braise très beaux à montrer.Je pense refaire ainsi quelques recettes avec les végétaux. Ils sont les plus faciles à fabriquer et à utiliser aussi. Et surtout à montrer au public ! Si tu lis mon blog tu auras pu voir que je métais tournée au premier abord des textes vers les bleus dargent. Mais malheureusement ces recettes sont très dures à réaliser. Jai donc du abandonné.Les couleurs fabriquées artificiellement ne sont pas, à mon avis, les premiers essais de reconstitution de recettes à réaliser.Par contre en reconstitution, il est possible de dire que dans une oule on faisait du minium, du blanc de plomb chauffé, blanc de plomb lui-même réalisé avec des lames de plomb qui ont réagi au vinaigre. Je pense que dabord il faut séparer, les végétaux, les minéraux, des pigments faits artificiellement.Jespère que jai répondu à ta question.

Dame Chlodyne

Pour rebondir sur les pigments fournis par les apothicaires aux peintres, je me penche actuellement sur les épiciers qui ont fournis diverses denrées, pigments et récipients aux peintres bourguigons de la fin du 13e siècle au 14e siècle.

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  • Claudine Brunon: L'Inventaire du Scribe. Les Outils Indispensables pour bien Ecrire sur Parchemin avant l'Imprimerie
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  • Claudine Brunon: Le Vaisselier du peintre. Les contenants des couleurs médiévales
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    Dans Moyen Age, n°98, août-septembre-octobre 2014, pp.38-43.

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